20 septembre 2021
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Confinement, télétravail, soutiens-gorges et maquillage


PhilE
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ça ne concerne pas directement le naturisme, mais indirectement (pression sociale, injonctions, rapport au corps), ça le concerne tout à fait.

 

https://www.francetvinfo.fr/societe/adieu-soutiens-gorge-et-maquillage-comment-l-epidemie-de-covid-19-a-permis-a-des-femmes-de-reprendre-possession-de-leur-corps_4664861.html

 

Adieu soutiens-gorge et maquillage : comment l'épidémie de Covid-19 a permis à des femmes de reprendre possession de leur corps

Article rédigé par

Alice Galopin - franceinfo

Des femmes ont profité des confinements et de l'absence de tout regard extérieur sur leur corps pour s'affranchir de certaines pratiques vestimentaires et cosmétiques.

Laura a arrêté de se "maquiller pour les autres". Depuis plus d'un an, du fait de la crise provoquée par le Covid-19, la jeune femme de 24 ans sort ses fards et rouges à lèvres uniquement "par plaisir""Avant le [premier] confinement, je me maquillais encore par habitude et par devoir. Désormais, c'est seulement pour moi", assure cette Française installée à Taïwan. 

Durant la même période, elle a aussi renoncé à porter des soutiens-gorge. Le confinement lui a permis de prendre "du temps pour elle" pour "regarder [son] corps dans le miroir" et apprendre à s'apprécier autrement.

Moins de maquillage pendant le confinement

Comme Laura, de nombreuses femmes ont changé leurs habitudes cosmétiques et vestimentaires pendant la pandémie. Ainsi, 46% d'entre elles ont rapporté moins se maquiller depuis le premier confinement, https://www.ifop.com/publication/comment-le-confinement-a-change-les-habitudes-de-maquillage-des-francaises /">selon un sondage Ifop commandé par le label Slow cosmétique et réalisé du 9 au 12 juin 2020 auprès d'un échantillon de 3 018 personnes.  

En bouleversant le rythme du quotidien, l'organisation et les espaces des contacts sociaux, la pandémie de Covid-19 a amené des femmes "à abandonner certaines pratiques qu'elles avaient pris l'habitude d'observer en sortant de chez elles", décrypte Camille Couvry, chercheuse en sociologie à l'université de Rouen et lauréate 2019 du Prix de thèse de la chaire Beauté(s) de l'université Paris sciences et lettres. 

Le contexte sanitaire a ainsi donné un nouveau souffle au mouvement "No Make Up", qui défend l'idée d'arrêter partiellement ou totalement de se maquiller. Il est mis en avant depuis plusieurs années dans les magazines, porté notamment par la chanteuse américaine Alicia Keys.

 

 

https://www.instagram.com/explore/tags/cheveuxblancs/?hl=f r">Sur Instagram, plusieurs femmes affichent aussi fièrement leurs cheveux blancs. Quant au mouvement "No Bra" ("Pas de soutien-gorge"), il a connu un nouveau pic de popularité pendant le confinement du printemps 2020, après avoir fait beaucoup parler de lui en 2018 sur les réseaux sociaux avec le mot-clé #NoBraChallenge. Il s'inscrit dans un tournant plus général "qui s'est opéré au début des années 2010", durant lequel des militantes féministes se saisissent de "thématiques corporelles", et notamment de la question du port du soutien-gorge, explique à franceinfo Camille Froidevaux-Metterie, chercheuse, chargée de mission "égalité et diversité" à l'université de Reims Champagne-Ardenne, et auteure du livre Seins : en quête d'une libération (Anamosa, 2020).

Une période "inédite" pour les femmes

"C'est en suivant des influenceuses qui prônent le 'body positive' [l'acceptation de son corps] que j'ai commencé à me demander pourquoi je portais des soutiens-gorge", témoigne Laura. Tout comme Aurélie, 29 ans, qui a rejoint le "No Bra" en "voyant d'autres personnes le faire sur les réseaux sociaux".

Pour cette dernière également, le premier confinement a constitué un tournant. "J'ai eu le sentiment d'avoir la liberté de pouvoir sortir en jogging sans soutien-gorge et sans maquillage pour faire des courses", confie cette chanteuse pour qui se promener dans la rue sans utiliser des produits de beauté était auparavant "inconcevable". Cette période a été "inédite à l'échelle de l'histoire des femmes", juge Camille Froidevaux-Metterie. 

"Pendant de longues semaines, les femmes ont été débarrassées du regard extérieur porté sur leur corps."

Camille Froidevaux-Metterie, chercheuse et auteure de "Seins : en quête d'une libération"

à franceinfo

Juste après le premier confinement, le retour à une vie un peu plus normale n'a pas perturbé cette évolution. Laura s'est rendu "compte que ça ne [la] gênait plus" de se promener dans la rue nue sous ses tee-shirts. Un sentiment que partage Laurine, "confortée" dans sa pratique du "No Bra" durant la pandémie. "Je me suis vue pendant des mois dans des débardeurs sans soutien-gorge, explique la jeune femme de 22 ans. Alors petit à petit, je suis sortie comme ça".

Pour Camille Froidevaux-Metterie, ces femmes ont appris à avoir "un rapport à leur corps plus libre". Plusieurs témoignages recueillis par franceinfo le montrent. Aurélie s'est ainsi demandé pourquoi les femmes se "devaient" de porter des soutiens-gorge, qu'elle décrit comme des "corsets" qui laissent "des traces sur la peau" à la fin de la journée. "Aujourd'hui, je ne tiens même plus cinq heures avec un soutien-gorge, je me sens oppressée", souffle quant à elle Laurine. 

"Quelque chose de moi était masqué"

Ce nouveau rapport au corps répond aussi à un besoin de se retrouver. Laura voulait "s'accepter" et "apprendre à aimer la forme de [sa] poitrine". Les soutiens-gorge sont "un outil de formatage", analyse Camille Froidevaux-Metterie : "Ils imposent un standard de poitrine qui est la demi-pomme et cachent la pluralité des formes de seins, d'aréoles et de tétons."

Catherine, qui a arrêté de se colorer les cheveux depuis juillet 2020, va dans le même sens. "J'ai l'impression que je découvre quelque chose de moi qui était jusqu'ici masqué." Avec sa chevelure "poivre et sel", cette Belge de 49 ans a décidé de sortir du "cycle infernal" des teintures qu'elle pratiquait régulièrement depuis la vingtaine et l'apparition de ses premiers cheveux blancs. A 56 ans, Corine a également fait ce choix, pour se plaire à elle et "non plus aux autres", raconte-t-elle.

"En arrêtant de me teindre les cheveux, j'ai voulu reprendre possession de ma vie."

Corine, 56 ans

à franceinfo

Pour cette peintre, dont la dernière coloration remonte à janvier, la réduction de son activité liée au confinement lui a permis d'opérer sa transition capillaire. Si l'idée lui trottait déjà dans la tête, elle s'interdisait jusqu'ici de franchir le pas, par crainte des petites remarques sur ses racines apparentes. "Mais maintenant que j'ai six ou sept centimètres de cheveux blancs, c'est suffisant pour qu'on comprenne que c'est un choix et que je n'ai pas juste oublié d'aller chez le coiffeur", sourit-elle.

Dire au revoir aux colorations, c'est à la fois "se débarrasser d'un artifice qu'on portait et penser qu'on retrouve sa propre nature", résume Michel Messu, auteur d'Un ethnologue chez le coiffeur (Fayard, 2013).

"Un effet de génération"

Alors le confinement a-t-il révolutionné le rapport des femmes à leur corps ? La sociologue Camille Couvry se montre prudente et estime que cette période a surtout pu renforcer une sensibilité préexistante. De plus, la sociologue s'interroge sur "un effet de génération" autour de ces questions, rappelant que la vingtaine est un âge propice aux réflexions sur son apparence.

"Le 'No Make Up' et le 'No Bra' concernent plutôt des personnes jeunes, actives ou qui suivent des études supérieures."

Camille Couvry, sociologue

à franceinfo

L'étude Ifop montre d'ailleurs que les femmes de moins de 30 ans ont été plus nombreuses à moins se maquiller depuis le premier confinement (53% d'entre elles) que celles de plus de 65 ans (42%). "Même si des femmes de 50 ans ont pu avoir des révélations, ça ne s'est peut-être pas joué sur les mêmes motivations et pas de la même manière", suggère Camille Couvry.

La chercheuse ajoute par ailleurs que l'abandon de certaines pratiques a pu aussi s'accompagner d'un intérêt pour les enjeux écologiques. La volonté de préservation de l'environnement peut ainsi passer "par l'utilisation de produits cosmétiques plus naturels", complète Michel Messu. "Le côté naturel du cheveu est d'ailleurs une ligne directrice des marques cosmétiques depuis plusieurs années", note-t-il.

Retour de la vie sociale et du regard d'autrui

Reste enfin à savoir si ces nouvelles habitudes seront conservées alors que la "vie d'avant" fait son retour. Camille Couvry observe que "la reprise d'une vie sociale active amène à réinvestir un certain nombre de pratiques". De son côté, Camille Froidevaux-Metterie s'avoue "peu optimiste" quant à la pérennité du mouvement "No Bra". "Sans doute, les plus jeunes et celles qui ont les seins les moins gros continueront d'assumer ce choix", avance-t-elle.

Pour l'auteure, le principal problème reste la sexualisation des tétons. C'est d'ailleurs par crainte de les dévoiler à travers son nouveau chemisier blanc que Laura a récemment tenté de porter à nouveau un soutien-gorge. "C'était tellement inconfortable qu'à peine rentrée chez moi, je l'ai retiré", lance la jeune femme qui assure que cette dernière expérience a achevé de la convaincre. "Soutien-gorge ou pas, ça arrivera toujours que des gens regardent, ce n'est pas à moi de complexer", tranche-t-elle.

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Clochette57
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Tres interessant cet article ! Merci !

Je n'avais deja pas l'habitude de me maquiller tous les jours malgré ma profession qui m'impose un contact client important. Mais maintenant c'est carrément sorti de mon rituel du matin.

Quant au soutien-gorges, je dirais qu'avant ca dependait de la tenue. Si je pouvais eviter, je le faisais. Maintenant c'est sur que c'est très compliqué pour moi de le remettre.

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John-1
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J’avais vu passé l’article quand il était sorti. Il est vrai que cela concerne indirectement le naturisme. Il semblerait quand même que le « jour d’après » reprend certaines habitudes antérieures… si l’on en croit les hausses énormes des ventes de produits de maquillage. Néanmoins, il semble que le « no bra » est une tendance qui persiste (cette tendance avait démarré avant le Covid) pour certaines catégories, effectivement plutôt des jeunes Wink  

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PhilE
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@john-1 De mon poste d observation munichois, il y a beaucoup plus de no bra en Allemagne qu en France.

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John-1
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@phile pour avoir une de mes filles qui a vécu en Allemagne plusieurs années et avoir été lui rendre visite régulièrement, il me semble que le rapport au corps et la vie naturiste au sens large est plus dans l’état d’esprit des allemands.

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PhilE
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@john-1 Je ferai un "rapport" plus développé de mon expérience munichoise, mais déjà un paragraphe ici.

A l'Englischer Garten, très peu de naturistes en fait (et curieusement, au moins autant de femmes que d'hommes, notamment des femmes seules), mais la foule passe devant sans aucune réaction, ils sont à la vue de tous mais il n'y a pas de voyeurisme ou de moqueries ou de réactions hostiles et les gens ne sortent pas leur appareil photo. C'est simplement normal. Les gens mettent un maillot de bain pour des raisons X ou Y (force de l'habitude, peur de se retrouver sur Facebook malgré soi, effet de génération et de différence est-ouest?), mais ceux qui en mettent, ou les promeneurs avec leurs enfants, n'ont absolument rien envers ceux qui n'en mettent pas. Plus au sud, sur l'Isar (où il y a beaucoup plus de naturistes qu'à l'Englischer Garten), la passerelle passe juste au-dessus de là où ils se baignent et se bronzent, et je n'ai pas vu de mateurs, de gens qui se gaussent etc. Comme dirait Coluche, normal quoi!

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John-1
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@phile C’est le même sentiment que j’ai perçu, du moins le peu que j’en connaisse. 
J’ai testé pour ma part l’espace naturiste de Titisee, il faut dire que c’était en plein hiver. Toutes les tranches d’âge y étaient représentées avec un rapport à la nudité « normal quoi ! »

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loutre_27
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(@loutre_27)
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@phile 

Dans un reportage, certains naturistes allemands disaient qu'ils préféraient l'Isar car plus calme. Les naturistes à l'Englisher Garten faisaient partie des circuits de quelques tours operators!

Ça doit être un peu plus calme qu'avant!

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PhilE
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@loutre_27 Il y a assez peu de touristes en effet en ce moment, mais j'ai entendu parler français ou anglais, et quand j'ai demandé mon chemin, j'ai eu plein de réponses "je ne sais pas, je ne suis pas d'ici, je suis touriste comme vous" (réponses venant d'Allemands; la Bavière ne sera en vacances scolaires qu'en août, mais d'autres Länder le sont et ils visitent Munich).

La différence aussi est qu'à L'Englischer Garten, si l'on veut se baigner (plutôt se baigner que nager: il y a un fort courant et peu de fond), il faudra soit mettre un maillot soit être le seul à être nu, les naturistes étant sur la pelouse, en retrait.

En revanche, à Flaucher, il y a un endroit où il y a du fond et pas de courant, et là les naturistes sont chez eux.

https://www.imago-images.de/st/0052472263

Sauf le Feldmochinger See, les autres zones je ne les ai pas essayées, hier c'était un orage biblique, l'Isar déborde, ils étaient occupés à scier les arbres que la montée des eaux avaient déracinés. Et dans les jours qui vienne, ça va encore tonner. Cela n'empêche pas les Bavarois à pédaler quand même, bien équipés d'une combinaison intégrale les couvrant des pieds à la tête et les faisant ressembler à des astronautes ou à des soignants des unités covid. Moi, à pied avec mon parapluie et mon blouson, j'étais trempé jusqu'aux os en deux minutes,  mais heureusement j'étais en short et sandales à marcher avec de l'eau jusqu'aux mollets, et donc vite sec.

 

 

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cendrinox
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Pas besoin de sondage machin truc pour se douter que la bébête 19 a changé la façon de porter le trompe-couillon. Le rouge à lèvres ou le gloss sous le signe de soumission sanitaire, c'est assez inutile.

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Jean Claude
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Soumission sanitaire Laughing Out Loud  

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