25 juin 2024
La pudeur des franç...
 

La pudeur des français...

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GUY49
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Premier message du sujet
(@guy49)
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Bonjour,
J'aimerais avoir cette réponse que chacun d'entres vous devraient connaitres...depuis quand la pudeur
des français s'est encré dans leurs quotidiens concernant la nudité...
GUY49(guy)
😛

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PhilE
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Puisque tu parles d'encre, il y a un livre qui a été écrit à ce sujet:

Jean-Claude Bologne,
Histoire de la pudeur.

http://www.amazon.fr/Histoire-pudeur-Jean-Claude-Bologne/dp/2818501342

Cet historien répondra mieux que moi.

En fait, ça doit bien remonter aux temps de la christianisation de la Gaule! même si ça a fortement varié d'une époque à l'autre (et contrairement à ce qu'on lit souvent, ce n'est certainement pas le Moyen-Âge la pire époque en ce domaine! pour moi, le sommet est atteint vers le milieu du XIXème siècle).

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PhilE
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J'ajoute une analyse du dernier ouvrage de JC Bologne,

Pudeurs féminines. Voilées, dévoilées, révélées
Paris, Le Seuil, 2010

Lola Gonzalez-Quijano

( http://gss.revues.org/1918 )

Avec ce livre, Jean-Claude Bologne complète son Histoire de la pudeur paru en 1986 en s'intéressant ici plus aux sentiments qu'aux comportements de pudeur et en prenant en compte ces vingt dernières années, aussi riches selon lui que les vingt siècles qui les ont précédées. Son premier livre abordait la pudeur par le biais des rapports de l'homme avec sa nudité dans différents domaines de la vie quotidienne (le bain, le lit, le vêtement, etc.) et de la vie artistique (langue et littérature, arts plastiques, théâtre et cinéma). Ce deuxième ouvrage, qui développe des réflexions déjà campées dans l'importante conclusion du premier (Bologne, 1986, 299-334), est surtout l'occasion de penser une sexuation de la pudeur à peine esquissée, comme l'auteur le reconnaît lui-même, auparavant1.

2Pudeurs Féminines. Voilées, dévoilées, révélées ne se réduit pas pour autant à une lecture genrée d'un sentiment cher à l'histoire des mentalités. Par bien des aspects, cette histoire occidentale de la pudeur - définie comme la disposition plus ou moins marquée à dissimuler ce que nous ressentons comme une fragilité ou un caractère essentiel de notre personnalité - est avant tout une histoire du corps et de son contrôle. Cet ouvrage, qui s'intègre bien plus que le premier dans la question du « processus de civilisation » (Elias, 1991 [1939] ; Duerr, 1998 [1988]), offre en effet des perspectives intéressantes sur la place spécifique du corps féminin dans ce processus, mais aussi sur le rôle joué par les représentations de la femme dans la pensée de la civilisation et de l'altérité.

3Pudeurs Féminines s'ouvre sur un premier chapitre traitant de l'Antiquité et offrant un large éventail des pratiques dans les mondes grec, romain et proche-oriental. Face à cette pluralité des us et coutumes, on aurait aimé que son auteur s'arrête davantage sur la pudeur et le port du voile comme signes de distinction social. Caractéristique qui, à la lecture de ce livre, semble pourtant l'une des caractéristique semble pourtant commune à ces trois cultures. À Rome, seules les patriciennes pouvaient par exemple sacrifier au culte de la déesse Pudeur. En l'absence d'état civil, la pudeur féminine tenait lieu de statut social et permettrait de distinguer l'épouse, de la concubine ou de l'esclave, tandis que la fréquentation de certains lieux comme les banquets suffisaient à ruiner la pudeur et la réputation d'une femme.

4Au Moyen Âge, les conceptions de la pudeur féminines sont inséparables des discours théologiques portés sur la nature de la femme. Celle-ci doit cacher sa nudité qui ne peut être source que de tentation (pour les parties supérieures du corps que sont le visage ou les seins) ou de dégoût (pour les parties inférieures : pieds, sexe, fesses). Malgré le développement des représentations chrétiennes de la femme éternelle tentatrice et insatiable femelle et l'association théologique de la pudicité et de la volonté, le Moyen Âge connaît également « la fiction d'une pudeur naturelle à la femme ». Ce chapitre est également l'occasion d'un développement quant au port chrétien du voile (ce dernier se répand à partir du xiie siècle, au moins dans les représentations, puis s'impose entre 1300 et 1500 avant que son port se raréfie, même dans les classes supérieures, à la fin du Moyen Âge) qui nous a semblé particulièrement intéressant compte tenu du contexte français actuel.

5Ce n'est qu'en 1542 que le mot de pudeur entre dans la langue française. Presque aussitôt réservé aux femmes, il tend à définir et à devenir l'essence même de la féminité. Si son introduction oblige à une réflexion sémantique et à l'affinement des émotions qu'il recouvre (il est désormais largement distingué du sentiment de honte), deux autres phénomènes beaucoup plus larges contribuent grandement à sa modification : l'évolution de la différenciation des sexes et la relativité des comportements occidentaux. Tandis que vêtements, langage ou littérature consacrent et protègent cette vertu féminine et que les manuels de savoir-vivre et d'éducation entendent suppléer à une pudeur naturelle qui se révèle parfois défaillante, philosophes et savants s'interrogent, particulièrement au xviiie siècle, sur ses origines. Si la pudeur est relative et n'existe pas dans toutes les cultures, comment est-elle née ? Et comment expliquer qu'une vertu originelle ait besoin d'être éveillée par l'éducation ?

6Au xixe siècle, la pudeur, dont la définition se rapprocha durant tout ce siècle de celle de décence, suscite l'intérêt du juge et du législateur. La pudeur légale rejoint alors les discours médicaux de l'époque : la nudité est censée horrifier les âmes vertueuses des deux sexes (à quelques exceptions masculines près). Paradoxalement, alors que l'application du délit d'outrage public à la pudeur (1810) conduit à condamner toute nudité, se développe une théorie de la nudité pudique, du nu chaste, considérant que le but de l'artiste (ou du médecin), puisqu'il n'a notamment pas pour objet la contemplation de la nudité, lève toute obscénité. Avec l'idée que la pudeur réside moins dans la dissimulation du corps que dans la qualité du regard qui se pose sur lui. Théorie parfaitement illustrée par ce souvenir du peintre Amaury-Duval : une jeune modèle de seize ans posait sans-gêne (et nue) pour les élèves d'Ingres. Mais elle s'enfuit tout d'un coup en poussant un cri effarouché lorsqu'elle aperçut un couvreur qui l'observait par la fenêtre (Amaury-Duval, 1878, 77-78).

7En ce début de xxie siècle, la pudeur féminine est devenue une valeur au mieux désuète, au pire discriminatoire. D'une part, parce que l'existence d'une nudité pudique ou désérotisée, autrefois cantonnée aux domaines médical ou artistique, fut plus largement revendiquée par des mouvements sociaux comme le nudisme et le naturisme. Pour autant, le corps nu n'est pas sauvage, il est même soumis à un important travail de domestication et de codification, qui le rend visible sans scandale donc décent, qu'illustre parfaitement l'histoire de la plage et du maillot de bain. D'autre part, parce que les mouvements féministes, en récusant toute distinction de nature entre les sexes, ont remis en cause l'idée même de vertu féminine et ont fait, sans être les seuls, de la nudité un élément de contestation sociale. La pudeur n'a pour autant disparue, mais l'ancien concept de pudeur-honte est insuffisant pour analyser les comportements actuels.

2 L'Histoire de la pudeur n'allait que du Haut Moyen Âge à nos jours.

8Pudeurs Féminines. Voilées, dévoilées, révélées est donc une histoire de la pudeur féminine de l'Antiquité jusqu'à nos jours2. De par sa forme, cet ouvrage bute contre les problèmes inhérents aux grandes synthèses historiques - nature des sources extrêmement diverse d'une époque à l'autre, rétrécissement géographique pour la période contemporaine, risque de généralisation excessive - mais il a le mérite de montrer combien l'histoire de la pudeur est cyclique et ne peut s'apparenter uniquement à un long cheminement vers une nudité ordinaire et désérotisée.

9De ce livre, écrit dans le contexte du projet de loi sur l'interdiction du voile intégral, Jean-Claude Bologne a sans doute voulu, en abordant notamment le port chrétien du voile, qu'il puisse éclairer les enjeux et les débats actuels. Il propose pour cela de dépasser l'habituelle dichotomie pudeur/impudeur en envisageant une troisième voie, celle du « voile invisible » ou de la « pudeur révélée ». Si, en raison d'une documentation riche et variée, on perd cependant un peu le fil de cette argumentation, ce livre offre un large panorama des théories sur la pudeur (féminine) en vogue à différentes époques. Si d'autres pistes de recherche restent à explorer, à partir notamment d'une approche plus intersectionnelle alliant davantage genre et classe, l'importance de ce nouvel ouvrage de Jean-Claude Bologne est de mettre en lumière combien cette « vertu » féminine a été pensée, par ses divers théoriciens, dans le cadre d'un « processus de civilisation ». Perspective qui nous semble des plus heuristiques pour penser les tensions et les dissensions à l'oeuvre aujourd'hui autour du port du voile et du corps des femmes.

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sanglier83
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Je ne peux que rebondir (plussoyer, comme dit le néologisme) sur ce qu'écrit PhilE .
A noter, si j'ai bonne mémoire, que le premier bouquin de Bologne (je n'ai pas lu le second) ne traitait que de la pudeur dans le monde occidental
Mais il a sans doute eu raison de s'en tenir à ce qu'il connaissait bien !

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PhilE
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Pour la pudeur et le monde extrême-oriental, je renvoie à Arnold van Gennep.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Arnold_van_Gennep

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Posté par: @PhilE

En fait, ça doit bien remonter aux temps de la christianisation de la Gaule!
 

Oui, les gaulois sont bien connus pour leur côté naturiste !!!! :paf

Qu'il est bon de taper sur le Christianisme ... et surtout si facile !

Il me semble que l'homme de Cro-Magnon s'était déjà habillé ...non ? Pourtant on ne peut pas dire que les méchants évangélisateurs lui aient lavé le cerveau !
Il était pourtant proche de la nature, lui, bien plus que nous tous ici, et il a quand même voulu s'habiller !!!?
Étrange non ?
Peut-être qu'il faut simplement arrêter avec cette idéologie (un peu soixante-huitarde il faut le dire) qui consiste avec faire croire que la nudité est naturelle pour l'homme et accepter que la pudeur fait partie de son identité propre en France ou ailleurs !
Je suis nudiste donc à priori pas pudique, n'est-ce pas ? Pour autant je n'ai pas envie de déféquer devant tout le monde comme un animal ...

La pudeur fait partie de la nature humaine qu'on le veuille ou non ... en France ou ailleurs !

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Posté par: @stephetclair

Qu'il est bon de taper sur le Christianisme ... et surtout si facile !

Oui c'est le passe-temps favori de certains sur ce forum.
En particulier un certain steph22.
Pour expliquer, entre autre, que la norme vestimentaire découle de la religion qui aurait imposé le vêtement en société. :paf

Le fait que Christophe Colomb ait découvert des peuples ne vivant pas nus, ça ne les a même pas éffleuré.

Message édité par : goofy / 24-02-2016 20:34

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FIU
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Posté par: @goofy

Posté par: @stephetclair

Qu'il est bon de taper sur le Christianisme ... et surtout si facile !

Oui c'est le passe-temps favori de certains sur ce forum.
En particulier un certain steph22.
Pour expliquer, entre autre, que la norme vestimentaire découle de la religion qui aurait imposé le vêtement en société. :paf

Le fait que Christophe Colomb ait découvert des peuples ne vivant pas nus, ça ne les a même pas éffleuré.

Message édité par : goofy / 24-02-2016 20:34

 

Mauvais exemple !

Gravure effectuée par des européens qui ont préservé la morale en mettant des pagnes aux indigènes.
L'on trouve au sujet du premier contact de Colomb et des Amérindiens

Lors de ses premières rencontres avec les Amérindiens, Colomb est frappé par la nudité de ses interlocuteurs qu'il assimile à leur supposée absence de culture, de coutumes et de religion[...] propagation de la foi chrétienne et esclavage se retrouvent indissociablement liés dans le « regard colonial » de Colomb et la « découverte » de l'Amérique s'accompagne simultanément d'une révélation et d'une négation de l'altérité.
Ou encore :
... Les navires accostent sur une petite île. Elle est comme de juste baptisée «San Salvador»(Saint Sauveur) par les Espagnols. Les marins, quand ils descendent à terre, sont bouleversés par... la nudité des pacifiques Taïnos, des Indiens du groupe des Arawaks.
Malgré ou à cause de leur nudité, les femmes indigènes les attirent. Cela leur vaudra de ramener en Europe, sans le savoir, une terrible maladie vénérienne

Et les comptes rendus de Wallis, Bougainville et Cook dans le Pacifique font également part de la nudité simple des indigènes.
L'homme de Cro Magnon était-il habillé ? Personne ne le sait, certes les dessinateurs l'ont vêtu sur nos livres d'histoire mais l'on n'a pas de selfies pour l'affirmer.
Je crois en effet que la nudité est naturelle pour l'humain pour autant que le climat s'y prête, le vêtement est venu pour protéger puis pour montrer la position sociale, les religions, et pas uniquement les catholiques, si elles ne sont pas à l'origine du port du vêtement l'ont bien rendu obligatoire.

Il ne s'agit pas de taper sur telle ou telle religion mais il est clair que celles ci ont tout fait pour dénoncer la nudité qui était admise même après le moyen age.

Un soixante-huitard gauchiste et naturiste, trois coming-out d'un coup, dur d'assumer...

Claude

Message édité par : FIU / 24-02-2016 21:49

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Un soixante-huitard gauchiste et naturiste, trois coming-out d'un coup, dur d'assumer...

Claude

Message édité par : FIU / 24-02-2016 21:49

 

😀 😀 😀

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Je pense que la pudeur et le côté honteux de la nudité vient essentiellement du christianisme.
Mais peut être pas que, certe.
Il y avait peut être çertains peuples qui ont été colonisés qui eux ausssi s'habillaient, ça je n'en sais trop rien. Mais , ce qui est clair , c'est que les chretiens ( missionnaires, etc... ) ont plutôt exporté la honte de corps et les vetements que la nudité chez ces peuples.

Message édité par : steph22 / 25-02-2016 06:01

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Pour en rester à la France , il me semble que les guerriers celtes se battaient ´nus parfois .
à verifier toutefois
C'est en tout cas ce qu'écrit Polybe en décrivant la bataille de Telamon ( je ne sais même pas où c'est, mais bon...). La nudité, ainsi que des peintures corporelles et des coiffures hirsutes avait pour but d'effrayer leurs adversaires.
Après, bon, j'étais pas né et j'y étais pas 😉 .

Message édité par : steph22 / 25-02-2016 06:14

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Posté par: @steph22

Je pense que la pudeur et le côté honteux de la nudité vient essentiellement du christianisme.

Message édité par : steph22 / 25-02-2016 06:01

 

Bien sûr ! Juste avant le Christianisme il y a le judaïsme ;et il est bien connu aussi que le peuple Hébreux n'était pas du tout pudique !!!!! :paf :paf :paf

Le Christianisme n'a que 2000 ans ! Et le port du vêtement en société lui est bien antérieur !

Certes l'histoire Judéo-Chrétienne a porté la pudeur et la discrétion par conviction mais ne la pas créer ! Le cache-sexe équipe l'homme est la femme depuis bien avant l'an 0 (Romains, Grecques, Amérindien, tribus de tous les continents ....) La vrai question de la pudeur est là : Pourquoi cacher son sexe en société ?
Les raisons qui ont poussé l'homme à le faire sont encore une fois bien antérieures au Christianisme ou au judaïsme.

Aujourd'hui encore, il existe des tribus qui n'ont pas été christianisées et qui pourtant portent un cache sexe ! Pourquoi alors ? Notre cadre de référence, de culture Judéo-Chrétienne, nous les fait voir nu, pourtant il ne le sont pas complètement (comme nos Amérindiens)

Le Christ est toujours représenté sur la Croix avec seulement un cache sexe lui aussi et l'Église n'en a pas honte ... :#

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