Sept militantes Femen, dont la figure de proue Inna Shevchenko, seront jugées pour « violences » et « exhibition sexuelle » devant deux organisations opposées au mariage pour tous en 2012 à Paris, a tranché la Cour de cassation dans un arrêt consulté lundi 30 janvier par l'AFP. 

 

RENVOI EN CORRECTIONNELLE 

Après une longue bataille procédurale, la chambre criminelle de la haute juridiction a décidé le 24 janvier de confirmer le renvoi en correctionnelle de sept Femen, prononcé par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris en octobre.

Ces sept militantes avaient d'abord bénéficié d'un non-lieu en septembre 2021. 

Elles comparaîtront à Paris pour « violences aggravées, exhibition sexuelle, participation avec arme à un attroupement et organisation d'une manifestation non déclarée ».

Le 18 novembre 2012, ces militantes s'étaient invitées à une manifestation organisée par l'institut Civitas, proche des catholiques intégristes, et l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif), au début de la contestation contre la loi autorisant le mariage et l'adoption pour les couples de même sexe. 

Habillées en nonnes, les seins nus couverts de slogans anticléricaux et munies d'extincteurs peints en blanc portant notamment la mention « holy sperm » (saint sperme), une dizaine d'entre elles avaient perturbé la manifestation avant d'être violemment prises à partie, déposant ensuite une plainte pour « violences aggravées ». 

Civitas et l'Agrif avaient aussi déposé plainte contre les Femen, leur reprochant des « violences » par l'utilisation des extincteurs. Une « défense » face à cette « agression » d'extrême droite, s'étaient défendues plusieurs d'entre elles. 

Les sept Femen avaient été mises en examen en 2015. La féministe Caroline Fourest, venue suivre les militantes pour un documentaire France 2, avait été placée sous le statut de témoin assisté. 

Les deux informations judiciaires ont été jointes en 2020. 

Sollicités, ni les avocats de Civitas et de l'Agrif, ni l'avocate des Femen, n'ont pu être joints dans l'immédiat.

Sept agresseurs des Femen lors de la manifestation, dont un ex-colonel de l'armée et Logan Djian, un militant d'extrême droite, avaient été condamnés pour ces faits à des peines de prison avec sursis ou des amendes.