14 juin 2024
Les San (ou Sans) d...
 

Les San (ou Sans) du Kalahari, peuples nomades indigènes bochimans

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ourfarewell
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(@ourfarewell)
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Les San (ou Sans) du Kalahari, peuples nomades indigènes regroupant de 10 à 20.000 âmes, plus connus sous le nom de Bochimans.

On les appelle San/Sankhoï ("vagabonds", nom donné par les Bantous) ou Bushmens (en anglais, "homme de brousse", en référence à leur mode de vie de chasseurs cueilleurs), cette dernière appellation n'étant pas bien perçue. En fait, eux-mêmes s'appelent "Ju Twasi", le peuple de la vérité. De petite taille, ils vivent au Botswana et un peu en Namibie et en Angola, en bordure du désert. Les femmes s'occupent plus particulièrement de la cueillette de de l'éducation.
Ce peuple premier, établi depuis le paléolithique soit il y a 30.000 ans (!), s'est formidablement adapté à son environnement ; nomade, il y a 10.000 ans il occupait tout l'Afrique australe. Isolé par la barrière de milieux arides, il a étonnemment résisté à l'acculturation à travers les siècles : 90% de la population est restée animiste, l'artisanat a très peu évolué, la culture est originale.

Traditionnellement, les San vivent (vivaient) en harmonie totale avec la nature, avec la faune : ils pratiquent le recyclage et ne font aucun gaspillage, construisent des huttes temporaires ; l'esprit nomade leur interdit tout matérialisme et la quête d'harmonie tout esprit de domination. Malheureusement, une tendance à la sédentarisation, dûe à l'invasion de la modernité, les éloigne de tout ça et les rend dépendants des autres, de manière assez violente.
L'habillement n'est pas perçu comme autre chose qu'un moyen de s'abriter, en réponse à un besoin fondamental. C'est pourquoi les membres des tribus traditionnelles vivent nus : ils n'ont pour seul vêtement qu'un cache-sexe de cuir décoré ou, pour les femmes, un tablier de peau. En fait, le dit cache-sexe est plutôt une parure qui sert à mettre en valeur leur organe. En effet, les individus se caractérisent par une particularité unique à leur type, la stéatopygie (développement très fort du tissu adipeux au niveau des fesses et du sacrum) et les hommes semblent avoir un sexe en demi-érection permanente.
Le peuple "Bochiman" est divisé en groupes sociaux nommés "San", d'importance inégale, parmi lesquels le groupe "Kuru" ou "Kung", lui-même réparti en clans ou tribus représentés par un chef. Leurs dialectes sont variés et spécifiques, basés sur une langue unique, le Khoïsan.

Dès le début de notre ère, des vagues de Bantous sédentaires (les Tswanas) puis de fermiers noirs Hottentots (ou Khoï-Khoïs) les ont oppressés et leur ont volé leurs terres de plaines. Suite à des rivalités d'intérêt, ils les ont pour une partie rendus esclaves et pour l'autre repoussés vers des terres de plus en plus ingrates, jusqu'au désert.
Ensuite, avec la colonisation du désert par les Hollandais et par les Huguenots, les San ont été rejetés plus loin à partir du Sud. Beaucoup ont été massacrés, accusés d'attaquer les troupeaux. Avec la venue des Boers hollandais (esclavagistes), les San furent au XIXe siècle traités comme des esclaves ou exploités par les Anglais, qui forcèrent les autres à vivre confinés dans les réserves de l'hostile Kalahari. Les San n'ont pas fait la guerre car ils sont pacifiques : pour se protéger, ils n'ont pu que fuir. Les autres ont finalement perdu leur culture.
Enfin, les tribus ont été expropriées de leurs terres (ou "milieu de vie"), convoitées par les compagnies minières pour exploiter cuivre, nickel et surtout diamant, et plus récemment par les multinationales pétrolières, le tout sous couvert d'intégration à la société globale et de préservation du Parc National. De plus, le forage de puits, à partir des années 1950, a gâché leur faculté d'adaptation à l'aridité (habilité à rechercher de l'eau) et bouleversé la fragilité du milieu naturel (assèchement de la nappe phréatique, disparition des animaux sauvages) donc la survie des Bochimans.
Ainsi ce peuple est-il passé de 300.000 individus au XVIIIe s. à 50.000 environ aujourd'hui : la plupart ont dû quitter leur mode de vie traditionnel et se sédentariser, en bordure des réserves, exploités, réduits au bas de l'échelle sociale ; beaucoup d'autres ont été déracinés et appauvris, leurs ressources diminuant. De telles invasions ont en outre introduit l'idée de propriété privée au sein d'un peuple qui ne pratiquait jusqu'alors que le troc. Un désastre.

La relative faiblesse numérique, économique et le séparatisme interne propres à ce peuple expliquent leur vulnérabilité face à l'agression des politiques industrielles, désasteuses pour leur environnement. Aujourd'hui, la dénonciation de ces persécutions se joue au niveau international. Il est reconnu que le gouvernement botswanéen menace et oppresse certains groupes minoritaires (Gani, Gwi San, sans parler des ethnies Khwe, Bakgalagadi puis Basarwa, déjà expulsées), en parfaite violation des Droits de l'Homme.
L'Etat du Botswana a orchestré une campagne systématique de terreur visant à expulser certaines tribus de la réserve du Kalahari central (CKGR) afin de confisquer leurs terres traditionnelles, de plus en plus grignotées par des groupes prédateurs. En interdisant la cueillette et la chasse aux expulsés réfugiés, le gouvernement, en accord avec les multinationales (De Beers, Shell...) et les opérateurs touristiques (qui cherchent à développer un safari de luxe), a presque détruit leur mode de vie ancestral et les a rendus dépendants de l'aide alimentaire internationale. Que faire contre de tels enjeux économiques ? Malgré la faiblesse de ce petit peuple, le scandale est grave, car il s'agit bien de racisme et d'un risque de génocide.
:paf
Le génocide culturel est déjà bien avancé. Le danger est tout aussi grand de ne faire que les protéger, tout en les acculturant de diverses manières. Dans l'état des choses, les Bochimans sont condamnés à disparaître. En cause : le gouvernement.
😐

Un article récent : le Comité Namibien pour les Droits de l'Homme (NSHR) sonne l'alarme (octobre 2005).

J'ajoute le témoignage d'un San sur les maltraitances du gouvernement du Botswana infligées aux Sans expulsés, acculturés (et textilisés) ; ici, la nudité est utilisée dans le but d'humilier : l'article de Survival France.

1 Réponse
holis7
Messages: 16
(@holis7)
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Inscription: Il y a 19 ans

Bravo pour cet article d'information qui nous ouvre sur d'autres réalités, d'autres problèmes que vivent des milliers de gens, si pauvres et démunis.
"Peuple de la vérité" comme ils s'appellent. De la vérité toute nue aussi.
Un peuple où la nudité était synonime de beauté, de force, de liberté (à traduire dans leur language et mentalité, evidemment). Un peuple où la nudité est utilisée comme signe honteux d'infériorité, d'humiliation.

Mais êtes vous en contact avec des personnes originaires de là-bas?
Serait-il possible d'établir des ponts avec un groupe ou un clan?
Leur témoignage serait si précieux.

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