6 février 2023

Avalanche de nudité sur scène (Le Soir, Bruxelles, 11 octobre 2016)


Europ-Hom
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(@europ-hom)
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"Cette saison, le nu est partout sur les planches et dans la ville. Une tendance à contre-courant d'une époque toujours plus frileuse."

http://plus.lesoir.be/63341/article/2016-10-11/avalanche-de-nudite-sur-scene#_ga=1.172943456.2126501187.1437844216

Message édité par : Europhom / 11-10-2016 14:27

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PhilE
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(@phile)
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Moi j'y vois une illustration de la dialectique hégélienne, ou marxiste, vous choisirez, que je peux résumer en ""toute chose produit son contraire"".

La nudité, dans cette ""époque toujours plus frileuse"", devient un espace de liberté, une libération même.

Plus il y a de pudibonderie, plus il y a du ""il y en a marre de la pudibonderie"".

Je suis intimement persuadé que les burkinis ont fait avancer la cause du naturisme.
""Bon, alors on n'interdit pas? Alors, il n'y a aucune raison d'interdire la nudité"". Sinon, c'était une liberté à sens unique.
Je pense que ce genre de raisonnement a été adopté par la majorité parisienne quand ils ont décidé d'autoriser des espaces naturistes l'an prochain à Paris.

Puisqu'on voit de plus en plus de niqabs (ça a beau être interdit, on en voit un grand nombre), alors, d'une certaine mesure, ça rééquilibre.

Aller voir un spectacle où il y a de la nudité (chose fréquente en danse), c'est aussi une démarche du ""bon, au moins on ne sera pas avec ces gens qui poussent des cris dès qu'ils voient un bout de peau"".

L'Espagne a connu un boom du tourisme cet été. Evidemment, ils ont récupéré ceux qui ont eu peur d'aller sur la Côte d'Azur et ailleurs, ils ont récupéré ceux qui allaient en Tunisie ou au Maroc ou en Turquie ou Egypte, mais dans ce cas, pourquoi un boom en Espagne et non en Italie? (L'Italie est certes menacée par le terrorisme, l'Espagne aussi d'ailleurs, mais la menace est perçue comme bien plus lointaine).
Quand on interroge les gens sur pourquoi ils vont en Espagne, les réponses ""en Espagne, les gens sont moins coincés, plus cool qu'en France"" reviennent souvent.
Et notamment, si le nudisme est peu mentionné (les gens ne le déclarent pas souvent ouvertement), les seins nus, c'est souvent cité.
En France, les seins nus, c'est légal, mais dans la pratique, ""ça, ça s'fait pas"" (comme chantaient Ray Ventura et ses collégiens) dans plein d'endroits.

Tapez ""plages Espagne"" ou ""playas España"", vous tomberez sur des vidéos officielles du tourisme espagnol. Et sur ces vidéos, vous verrez des gens nus sur des plages, soit que la vidéo nous montre une plage qui ressemble à nos plages naturistes françaises, soit qu'ils nous montrent une plage qui ressemble à une plage textile de chez nous, mais où ça et là vous verrez certaines personnes totalement nues (et d'ailleurs, majoritairement des femmes; je n'exclus pas cependant que la personne qui a filmé ait filmé par priorité des femmes, mais ça n'expliquerait pas tout: pas mal de Françaises vont sur des plages espagnoles parce qu'elles s'y sentent mieux qu'en France, elles pratiquent un nudisme de plage en Espagne alors qu'en France il leur faudrait franchir le pas d'aller sur une plage naturiste, voire, si elles veulent la tranquillité, dans un centre naturiste).

""Et si cette avalanche de nu au théâtre répondait au pressentiment diffus que nos sociétés ont atteint un maximum de tolérance et qu'une vague réactionnaire menace de nous emporter vers plus de pudibonderie ?"" dit l'article belge cité par Europhom.

Pour éviter qu'il ne soit plus accessible par la suite, j'en fais le copier-coller.

Cette saison, le nu est partout sur les planches et dans la ville. Une tendance à contre-courant d'une époque toujours plus frileuse.

Au commencement, Adam et Eve ne savaient pas qu'ils étaient nus. Quand ils l'ont su - quand Dieu fut là pour le leur faire remarquer - ce fut le début des complications. Même chose au théâtre : c'est le regard des spectateurs qui révèle le trouble de la nudité. Un corps qui se dénude sur scène n'est jamais anodin, même à notre époque ultra-sexuée. En près de cinquante ans, depuis Mai 68, la nudité a envahi les différentes sphères sociales, des plages aux magazines, du porno aux clips musicaux, jusqu'à s'afficher en six mètres sur quatre, sur les murs des villes.

Lire aussi
Milo Manara : «La nudité touche au pouvoir et à l'éternité »

Le nu a beau être décomplexé partout ailleurs, il reste chargé de tension sur un plateau de théâtre ou de danse. Parce qu'il n'y a pas d'écran pour faire écran et que c'est un individu qui est là tout nu, à quelques mètres de vous. Il est donc fascinant d'observer comment les artistes explorent ce nu dans des spectacles très différents. Le contraste est saisissant entre deux pièces à l'affiche au Théâtre Varia en ce moment (lire ci-dessous) : Anima Ardens de Thierry Smits et Il ne dansera qu'avec elle d'Antoine Laubin et Thomas Depryck. Chez l'un, les danseurs restent nus pendant tout le spectacle et pourtant, on oublie cette donne au bout de cinq minutes. Chez l'autre, la distribution se dénude à moitié et pourtant, on ne voit que ça. Le naturel des uns nous met complètement à l'aise, tout en restant chargé de signification et d'imaginaires. L'entre-deux des autres cristallise notre attention sur un geste, celui de se déshabiller, qui rythme un moment normalement intime, la séduction.

Cette saison en tout cas, les corps nus envahissent les scènes, entre les expérimentations érotiques de Mette Ingvarsten au Kaaitheater ( 7 pleasures et 69 positions ) et la tragédie grecque de Jan Fabre, version sang, boyaux et sperme, de son Mount Olympus. Visiblement, les artistes sont plus que jamais décomplexés même si la nudité reste un domaine glissant. L'erreur n'est pas permise. A manipuler une telle matière, mieux vaut avoir un discours clair sinon on ne voit plus que « ça ». Le risque est grand de paraître racoleur, gratuit ou trivial. Et si cette avalanche de nu au théâtre répondait au pressentiment diffus que nos sociétés ont atteint un maximum de tolérance et qu'une vague réactionnaire menace de nous emporter vers plus de pudibonderie ? L'avenir nous le dira. Bientôt effacé, le zizi de Saint-Gilles pointe (faiblement) dans cette direction.

Mis en ligne le 11/10/2016 à 09:01

Par Catherine makereel

Sur le sol et les murs d'un blanc immaculé se détachent 11 paires de jambes masculines, des plus pâles aux plus foncées, dans un sublime nuancier de peaux nues.

Voilées de la tête aux cuisses, les créatures spectrales d' Anima Ardens ne laissent poindre, sous leur drap blanc, que quadriceps, genoux et mollets saillants, bruts, virils. Devant ces corps nus, à moitié voilés, on pense forcément à l'autre voile, celui qui vise à cacher la peau des femmes, au nom d'une prétendue pudeur, cache-sexe bien souvent d'une culture patriarcale. Commencer par camoufler la nudité de ces 11 hommes avec ce drapé d'une blancheur virginale renverse cyniquement la donne.

Mais ce semblant de chasteté renvoie bientôt à d'autres images. Peu à peu, des mantras s'échappent du groupe dans un cérémonial monacal. Comme un rite de mortification, les hommes usent de leur corps et de leur voix pour entrer dans un état second. Bientôt libérés de leur voile, les corps s'étranglent, s'abîment dans des contorsions proches de l'apoplexie, touchent au délire. Les mouvements sont désarticulés, voire possédés. Ils ont beau être nus comme des vers (à côté de ça, le pénis dessiné sur une façade de Saint-Gilles peut aller se rhabiller), on oublie vite ce détail pour ne voir que des hordes animales s'engouffrer dans une transe collective. Anima Ardens signifie « âme brûlante » et c'est ce souffle ardent que creuse le chorégraphe Thierry Smits dans un magma de danse, une bouffée de folie qui va crescendo sur les paysages sonores de Francisco Lopez, composés de sons naturels (pluie, vent, insectes) remixés pour porter les danseurs dans des boucles lancinantes, obsédantes.

La nudité a beau être totale dans ce spectacle, il n'y a absolument rien de sexuel. Il s'agit surtout de se laisser emmener par une énergie humaine, d'abord diffractée puis de plus en plus convergente. Les tremblements frénétiques et les pulsions de meute enragée s'apaisent peu à peu dans des respirations plus libres, des ondulations pacifiées, des courses émancipées.

Les convulsions obsessionnelles d'hommes en lutte, comme s'ils voulaient se débarrasser d'eux-mêmes, laissent la place à des ensembles soudés, fraternels. Si Anima Ardens n'a pas les vertus hallucinatoires de l'Ayahuasca, son rituel chamanique a de quoi vous enfiévrer une heure durant.

Jusqu'au 29/10 et du 30/11 au 10/12 au studio de la compagnie Thor, 49 rue Saint-Josse, Bruxelles.

«Il ne dansera qu'avec elle»: la difficulté de saisir le sexe sur scène

Mis en ligne le 11/10/2016 à 09:03

Par Catherine makereel

A comme Amour, B comme baiser, C comme contraintes... C'est un abécédaire du désir qu'ont dessiné Antoine Laubin et Thomas Depryck dans Il ne dansera qu'avec elle , suite d'instantanés pour évoquer les mille et une facettes du sexe. Kamasutra, Nu, Obscénité, Pornographie, Quotidien, Rompre, Tromper, Vaseline, Web, Xénophilie, Zob : tous ces mots et bien d'autres rythment deux heures trente d'un spectacle choral. A l'image de son sujet, la pièce s'éclate dans un kaléidoscope de formes, entre monologues, saynètes parfois extraites de livres (dont Vernon Subutex de Virginie Despentes) ou de films (Irréversible de Gaspar Noé et 5x2 de François Ozon) ou résultats d'improvisation.

Un grand matelas posé au milieu de la scène annonce la couleur. A proximité, le grand vestiaire vient confirmer que les douze comédiens - six hommes, six femmes - vont vite laisser tomber la chemise, tandis qu'une caméra laisse présager un double voyeurisme. Les comédiens ont entre 30 et 40 ans, un corps moyen. En couple depuis longtemps ou pas, tous tentent de vivre l'amour et le désir au XXIe siècle. L'échec potentiel, les ruptures, les trahisons, les doutes planent sur ces bouts de relations amoureuses. Une scène au lit, qui finit mal, encadre d'ailleurs cette pièce versatile. Au fil des confessions, vraies ou écrites, se dégage le sentiment paradoxal d'une génération réaliste sur la permanence du couple, mais qui, tel Sisyphe face à son rocher, essaye encore et toujours d'y croire. Si, de prime abord, il semble y avoir une égalité entre les hommes et les femmes, de même qu'entre couples gays et hétéros, le spectacle touche aux rapports foncièrement différents qu'entretiennent les hommes et les femmes vis-à-vis de la sexualité et du désir de l'autre.

Les tableaux s'enchaînent : souvenir d'un concours de masturbation chez les scouts, découverte du sexe en colo, soirée entre potes et partouze, digressions sur les bonobos ou l'histoire de la pornographie au cinéma, débat sur le mariage comme fondement de la société autoritaire patriarcale ou récit de troubles désirs. Même si ce dernier monologue, porté par Yasmine Laassal, est bouleversant, l'ensemble de la pièce manque de tension, de vigueur. La chair est triste... et trop molle. Où est l'afflux sanguin ? Sur un tel sujet, on aurait aimé une approche plus « rentre-dedans » ou plus étonnante, en tout cas éviter les « déjà-vu » qui traversent la pièce. Peut-être que, plus resserrée, plus transgressive, Il ne dansera qu'avec elle aurait véritablement bousculé notre perception de la sexualité.

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jean-mi77
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Extrait de l'article du "Soir" :

"Chez l'un [des deux spectacles, note Jean-Mi77], les danseurs restent nus pendant tout le spectacle et pourtant, on oublie cette donne au bout de cinq minutes. Chez l'autre, la distribution se dénude à moitié et pourtant, on ne voit que ça. Le naturel des uns nous met complètement à l'aise, tout en restant chargé de signification et d'imaginaires. L'entre-deux des autres cristallise notre attention sur un geste, celui de se déshabiller, qui rythme un moment normalement intime, la séduction."

C'est bien là la différence entre la nudité "simple", qui débouche sur le naturisme, et la nudité sexuée, voire sexuelle.

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jacques_gana
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Sur ces spectacles belges, un au moins est en ligne sur le Live de Culturebox, "Mount Olympus" de Jan Fabre. 24 heures de vidéo non stop ! Je dois dire que j'ai décroché assez rapidement...

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Amazon, gratuit pour vous et entre 2% et 4% pour le site

raulmadrid
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🤔
jacques gana,
culturebox, est uniquement visible sur le territoire francais ?
j ai deja ete interdit d acces car mon ordinateur ( adresse ip ) n est pas en france.

pourras tu mettre le link de culture box?

j ai deja entendu parler de ce spectacle de jan fabre... et 24h du spectacle.. quel performance.

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jacques_gana
Messages: 4176

Filmé en 2010 lors de la plus belle des wnbr de brighton en HD le film sort fin septembre 2022

GUY49
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(@guy49)
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Posté par: @jacques_gana

http://culturebox.francetvinfo.fr/live/theatre/theatre-contemporain/mount-olympus-de-jan-fabre-performance-de-24-heures-1-234199  

Bonsoir,
Réservé vôtre soirée puisque ce théâtre de nues dure:3H44
😛
Guy

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gilles
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(@gilles)
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Inscription: Il y a 20 ans

C'est plus qu'un soirée car il s'agit de 24h non stop divisé en 6 episodes de 4 h. Tous les épisodes sont visibles sur le site de francetvinfo et  pour les membres confirmés ou assidus à https://www.vivrenu.com/forum-du-naturisme/postid/2431477/
J'ai juste zappé pour voir l'ambiance, certaines scènes sont très très spéciales

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jacques_gana
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(@jacques_gana)
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Inscription: Il y a 19 ans

Très très !
Et pas mal soporifiques, aussi.
Je ne sais pas si quelqu'un a tenu le coup 24 heures d'affilée...

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bl348mynr
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(@bl348mynr)
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Inscription: Il y a 13 ans

J'ai vu sur culture box mount olympus en ( presque) intégralité . Spécial mais intéressant !

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Site easy-rencontres naturistes

polyglotte
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(@polyglotte)
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Vu sur VIMEO le reportage de la RTBF en octobre 2016 : https://vimeo.com/186070521.

Il y est question du spectacle Anima Ardens : https://vimeo.com/184300765 mais aussi de l'artiste danoise Mette INGVARTSEN.

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bill88
Messages: 168
Nouveau
(@bill88)
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Inscription: Il y a 4 ans

La nudité en dance contemporaine est totalement justifiée.
Il est toujours et encore positif que les artistes transgressent les codes d'une société aseptisée et "bien-pensante" pour ne pas repartir en arrière.

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